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poème

2016.09.03 | poème

huile et collage sur toile 56x45 cm  | toile non disponible, collection particulière
©caron laurence 2006

 

"...Théâtre, plein D'inspiration fantastique,
Tremplin qui tressailles d'émoi
Quand je prends un élan,
fais moi Bondir plus haut, planche élastique !

Frêle machine aux reins puissants,
Fais moi bondir,
moi qui me sens Plus agile que les panthères,
Si haut que je ne puisse voir
Avec leur cruel habit noir
Ces épiciers et ces notaires !

Par quelque prodige pompeux,
Fais moi monter, si tu le peux,
Jusqu'au ces sommets, où, sans règles,
Embrouillant les cheveux vermeils
Des planètes et des soleils,
Se croisent la foudre et les aigles.

Plus haut encor, jusqu'au ciel pur !
Jusqu'à ce lapis dont l'azur
Couvre notre prison mouvante !
Jusqu'à ces rouges Orients
Où marchent des dieux flamboyants,
Fous de colère et d'épouvante.

Plus loin ! plus haut !
je vois encor des boursiers à lunettes d'or,
Des critiques, des demoiselles
Et des réalistes en feu.
Plus haut ! plus loin ! de l'air ! du bleu !
Des ailes ! des ailes ! des ailes !"

Enfin, de son vil échafaud,
Le clown sauta si haut, si haut,
Qu'il creva le plafond de toiles
Au son du cor et du tambour,
Et, le coeur dévoré d'amour,
Alla rouler dans les étoiles."

(Théodore de Banville)

Publié dans | 2006, | ATELIER Paris, | RONDES ET DELIEES | |  Facebook | | |

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